En son absence
En 2005, ma grand-mère est tombée malade. La sachant à la fin de sa vie, j'ai voulu faire une dernière chose avec elle. Je lui ai proposé de l'accompagner à Lourdes, où elle avait fait le vou d'aller en pèlerinage. Mais elle est morte avant la date fixée. J'ai alors décidé d'aller à Lourdes, pour elle, avec mon appareil photo. En son absence est le creux du tombeau que je lui dresse. Michaël Duperrin « La décision de Michaël Duperrin de réaliser une série de photographies liées à une disparition qui le touche tout particulièrement impose d'autant plus le respect qu'elles sont d'une pudeur absolue. Qu'elles n'imposent rien, qu'elles ne cherchent en rien à nous apitoyer, à nous faire partager sa peine. Elles sont là comme une nécessité, à un moment particulier de son existence, et j'ai le sentiment qu'elles ne cherchent en fait ni à exorciser, ni à compenser, ni à se substituer à quoi que ce soit. Peut-être même pas à accompagner le deuil. Elles sont là parce qu'elles devaient être. Et qu'il ne pouvait en être autrement. Elles sont là comme cadre, lumière, étagement et vibration des gris, organisation des formes. Elles exigent le respect. Elles nous proposent, sereinement, de les accompagner, de les partager calmement, à notre rythme propre et individuel. Avec quelques chose d'enraciné et d'universel à la fois. » Christian Caujolle
(extrait de la postface de En son absence, Editions Séguier, 2010)

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